Ancienne directrice d’établissement pénitentiaire, Coralie est aujourd’hui chargée de la marque employeur, de la diversité, de l’inclusion et des partenariats chez Soitec. Son itinéraire atypique prouve qu'une reconversion réussie tient souvent à une rencontre - et à l'audace d'y répondre.
Quel est ton rôle aujourd’hui chez Soitec ?
Je suis chez Soitec depuis quatre ans. Après avoir occupé un poste de HRBP (Human Resources Business Partner) au Manufacturing pendant trois ans, mon rôle aujourd'hui est de promouvoir notre politique de diversité et d'inclusion et de renforcer la marque employeur de Soitec. Dans ce cadre, au-delà de la gestion d'événements en interne, j'anime nos relations avec les écoles et nos partenaires externes dans ces domaines. Mon cœur de métier reste l'opérationnel, et je me projette pour la suite sur un retour vers un poste de HRBP, car c’est là que je me sens le plus utile, au contact direct des équipes et de leur évolution.
Rien ne te destinait à l’industrie…
Absolument rien. Après un Master 2 en droit pénal, j’ai intégré l'École nationale d’administration pénitentiaire pour devenir directrice de prison, métier passionnant que j’ai exercé pendant cinq ans. Mon dernier poste était en Savoie, à la prison d’Aiton, où j'étais Directrice des Ressources Humaines de l’établissement, encadrant environ 130 personnes. C’était un métier intense, empreint d’adrénaline et de responsabilités humaines fortes, mais extrêmement épuisant. À moins de 30 ans, je ne trouvais plus l’équilibre vie professionnelle / vie personnelle que je recherchais : c’était un engagement 24h/24, 7j/7.
Comment es-tu arrivée dans l’industrie de la micro-électronique ?
Par une rencontre. Une connaissance travaille chez Soitec et y est très épanouie, elle m’a encouragée à postuler pour un poste de RH en horaires décalés. Au début, j’hésitais et je me disais “ils ne prendront jamais une directrice de prison !”
Pourtant, chez Soitec, on ne s’arrête pas à un CV. J'ai rencontré les équipes RH et différentes personnes jusqu’au directeur d’usine, et malgré mon profil atypique qui a pu surprendre au départ, le feeling est passé. Ils ont su voir au-delà de l'uniforme et du tailleur froid que l'on imagine parfois du personnel de centre pénitentiaire. J'ai été recrutée pour ma personnalité et mon potentiel. Je suis passée des RH en droit public aux RH en droit privé. C'est totalement différent, mais je me suis formée sur le terrain et cela a été très stimulant.
Quelles compétences de ton ancienne vie t'aident aujourd'hui ?
Une très grande autonomie et une grande tolérance au stress. Face aux imprévus en production, je garde toujours beaucoup de recul : les "crises" me paraissent beaucoup plus gérables par rapport à ce que j'ai connu. Cela m'aide à prendre des décisions sereinement. Mon expérience dans le dialogue direct avec les organisations syndicales et le management d'équipes complexes est aussi un atout majeur pour mon rôle au sein des Ressources Humaines.
Quelles difficultés as-tu rencontrées à ton arrivée ?
Le vocabulaire technique. Les acronymes. Avec le recul, c’est assez drôle : les premiers jours, je faisais semblant de comprendre et ne demandais que peu d’explications sur le moment. Je prenais des notes pour aller chercher les définitions plus tard. J'ai parfois eu l'impression de repartir de zéro, mais on finit par rapidement s'approprier ce nouveau monde.
Quel bilan tires-tu de cette reconversion ?
En arrivant ici, j'ai réalisé que mon environnement précédent était parfois violent et bruyant. Chez Soitec, j'ai trouvé un environnement exigeant mais respectueux de ma vie personnelle. Dynamique sans être envahissant. Je tiens d'ailleurs à dire un immense merci à toutes les personnes qui m'ont donné ma chance. Cela illustre parfaitement l'ouverture d'esprit de l'entreprise. La vie est faite de rencontres, je n’aurai jamais postulé chez Soitec sans qu’on m’y incite !
Que conseillerais-tu à quelqu’un qui hésite à changer de voie ?
Le changement est toujours bénéfique. Si vous commencez à y penser, c'est que vous n'êtes plus totalement comblé là où vous êtes. Il faut oser : quand on ose, on est forcément gagnant. On apprend sur soi, on relativise ses expériences passées et on découvre de nouveaux horizons. Chez Soitec, nous sommes extrêmement bien accompagnés dans ces démarches, alors n'ayez pas peur, foncez !